Coups de cœur 2025 : jazz & blues
Que retenir de l'année 2025 en jazz ? Des trios aventureux, des anciens en pleine forme, des hommages inspirés et de belles révélations. Retour sur nos albums préférés !
Apple cores de James Brandon Lewis Trio
La claque de l’année ! Une œuvre intense et engagée qui se nourrit de toutes les musiques afro-américaines, et que le saxophoniste américain dédie au poète activiste Amira Baraka et au musicien globe-trotter Don Cherry.
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Quatrième souffle d’Aérophone
Don Cherry, qui pratiquait la trompette, aurait sans doute apprécié l’Aérophone, projet plus feutré mais non moins aventureux que celui de James Brandon Lewis. Aux manettes de ce drôle d’engin musical, le trompettiste Yoann Loustalot, en trio avec contrebasse et batterie.
A paradise in the hold de Yazz Ahmed
Trompette et bugle à quart de ton permettent à Yazz Ahmed de tisser un tapis volant musical qui assure la liaison régulière entre l’Angleterre - où elle vit - et son Bahreïn natal. Mêlant jazz, musiques traditionnelles et touches électroniques, elle propose un voyage envoûtant.
Healing songs de Henri Texier
Avec l’arrivée du brillant Hermon Mehari, la trompette fait également son apparition dans le nouveau groupe de l’infatigable contrebassiste Henri Texier. Un quintet classique pour une relecture vibrante de thèmes consolateurs issus de son abondante discographie.
Memories of home de John Scofield & Dave Holland
Ancien compagnon de route de Texier, le guitariste John Scofield a enregistré en duo avec un autre géant de la contrebasse, Dave Holland. Leur dialogue est une magnifique leçon de swing tout en sobriété.
Southern nights de Sullivan Fortner
Qui dit swing dit Nouvelle-Orléans ! La ville qui a vu naître le jazz est au cœur de Southern nights, ébouriffant disque en trio qui confirme que Sullivan Fortner est bien l’un des meilleurs pianistes actuels.
The Gadabout season de Brandee Younger
À ceux qui préfèrent un jazz plus méditatif, on recommande sans réserve le nouvel album de Brandee Younger, Paru sur Impulse !, il place la harpiste américaine en héritière de la grande Alice Coltrane, qui enregistra pour le même label dès 1968.
The Eternal now de Chip Wickham
Pour rester dans la veine d’un jazz aérien des plus inspirés, on enchaînera avec l’écoute de The Eternal now du saxophoniste-flûtiste Chip Wickham. Une musique à la fois groovy et contemplative éditée par le passionnant label Gondwana Records.
Open up your senses de Tyreek McDole
Au rayon jazz vocal, le spiritual crooner Tyreek McDole remporte la palme « révélation masculine » de l’année. À 26 ans, l’Américain insuffle un swing imparable aux thèmes de Thelonious Monk, Pharoah Sanders ou Horace Silver, qu’il reprend avec un naturel déconcertant.
Cleo de Lea Maria Fries
2025 fut également l’année du premier album enregistré sous son nom pour Lea Maria Fries. À l’instar de Jeanne Added, elle se moque des étiquettes et passe allégrement du jazz au rock sur l’ébouriffant Cleo.
Promises de Estelle Perrault
Même si elle publie déjà son troisième album, on peut encore classer parmi les révélations la chanteuse Estelle Perrault. Sa voix de mezzo s’épanouit pleinement sur Promises, un album sans esbroufe et très maîtrisé.
Song to Abbey de Marion Rampal
Pas question d’oublier le retour au jazz de Marion Rampal : après un détour par la chanson, son album Song to Abbey est un bel hommage à la chanteuse militante Abbey Lincoln, avec Bill Frisell et Archie Shepp en invités, s’il vous plaît !
Ride into the sun de Brad Mehldau
Parmi les hommages méritant également une écoute approfondie, citons celui du pianiste Brad Mehldau au chanteur Elliott Smith. Regroupant reprises et compos inédites, Ride into the sun navigue avec délicatesse entre jazz, pop et classique.
May this be love de Thomas Naïm
Autre album consacré à un autre musicien disparu trop tôt : celui - plus dépouillé - du guitariste Thomas Naïm, lequel reprend des thèmes de Jimi Hendrix en solo acoustique ! Une formule audacieuse qui nous fait redécouvrir l’œuvre du génial gaucher.
Ain’t done with the blues de Buddy Guy
D’Hendrix au blues, il n’y a qu’un tout petit pas, que nous franchissons pour retrouver l’inoxydable Buddy Guy. Le chanteur-guitariste entame sa 9e décennie avec une étonnante vitalité et un nouvel album. Du blues électrique et funky diablement efficace.
Smiling all day long de Big Daddy Wilson
Refermons en douceur la parenthèse blues avec un disque essentiellement acoustique : celui de Big Daddy Wilson, dont la voix de velours fait des merveilles sur Smiling all day long, titre qu’on adoptera volontiers comme mantra pour l’année à venir !
Jérôme, janvier 2026
