Petit fruit

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Petit fruit

Marion Fayolle

Gallimard, 2026


Le désir d’enfant

Le couple s’est installé à la campagne, où il vit des produits cuisinés à partir des fruits sauvages qu’il glane. La femme essaie de tomber enceinte depuis plusieurs mois, mais n’y arrive pas. Le mari l’encourage et tente de la rassurer, mais elle est de plus en plus obsédée par cette grossesse qui tarde à venir. La chambre du fond est déjà prête à accueillir le futur bébé. Quand le mari y entrepose du matériel, la femme se met en colère, car elle ne veut pas que le bébé pense que sa place est occupée. La femme en veut au mari de ne pas être aussi déçu qu’elle chaque fois qu’elle a ses règles.

L’intrus

Un soir, un homme frappe à la porte. Ses paumes sont recouvertes d’une peinture violette, de la même couleur que la robe que porte la femme. Il semble hypnotisé par elle. Il la prend pour son amour de jeunesse. Le mari et la femme ont beau lui dire qu’il se trompe, il ne bouge pas. Ils décident de l’héberger pour une nuit. 
Quelque temps après, l’homme revient, il est peintre et se met à faire des dizaines de portraits de la femme. Cela la touche beaucoup, car elle se sent à nouveau regardée.

Derrière les mots    

Petit fruit est né d’un rêve que Marion Fayolle a fait, et de sa rencontre avec un glaneur. C’est un roman truffé de métaphores et de sous-texte : la chambre du fond, image du ventre de la femme ; le mari glane des petits fruits et des graines, mais le couple reste infécond (par sa faute ?), alors que l’intrus est un artiste, un créateur, et produit des dizaines de croquis de la femme, il la « croque ». 
Après Du même bois, paru chez Gallimard en 2024, Marion Fayolle livre ici un deuxième roman épuré et plein de charme, qui flirte parfois avec le surréalisme, tout comme les dessins de l’auteure.

Née en 1988 dans l’Ardèche, Marion Fayolle étudie l’illustration à l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. En tant que dessinatrice de presse, elle collabore avec plusieurs revues prestigieuses (Le Monde Magazine, XXI, Télérama, The New Yorker, The New York Times…). À partir de 2012, elle devient scénariste et dessinatrice de romans graphiques qui traitent de sujets liés aux rapports humains (deuil, relations amoureuses, couple, parentalité…), et sont reconnaissables à leur dessin simple aux couleurs pastel, et à leur ambiance poétique et décalée. En 2018, Les Amours suspendues obtient le Prix spécial du jury du Festival d’Angoulême.

Agnès, février 2026

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