Coups de cœur 2025 : musiques de films
Pour ces coups cœur musique de film 2025, j'ai choisi deux albums qui ont en commun des musiques réinterprétées par leur propre compositeur. Sur chaque album, un orchestre qui rend cet art de la musique de film plus vivant encore et vous donne envie d'en écouter toujours plus.
Paris – Hollywood d’Alexandre Desplat et l'Orchestre de Paris
Pour ce premier coup de cœur, après écoute de l'album, retrouvez sur Arte TV (rubrique Arte Concert), le concert de Alexandre Desplat "De Paris à Hollywood" filmé tout récemment les 29 et 30 janvier 2025 à la Philharmonie de Paris.
Alexandre Desplat fait partie des compositeurs de musique de film les plus reconnus du cinéma contemporain.
Né à Paris en 1961, il se passionne très tôt pour la musique et étudie le piano ainsi que la composition. Il débute sa carrière dans le cinéma français avant de connaître une renommée internationale. Son talent lui permet de collaborer avec de grands réalisateurs comme Wes Anderson, Guillermo del Toro ou encore Roman Polanski. Son travail lui a valu plusieurs récompenses prestigieuses, dont des Oscars.
Au travers de cet album, Alexandre Desplat, qui dirige ici l'Orchestre de Paris avec brio, propose un voyage musical entre deux univers culturels majeurs : la tradition européenne, marquée par la finesse et l’élégance, et le cinéma hollywoodien, plus spectaculaire et narratif. D'où ce titre, Paris – Hollywood, qui symbolise ce pont artistique entre ces deux mondes.
L’album rassemble plusieurs thèmes issus de bandes originales célèbres tels que The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, Harry Potter et les reliques de la mort de David Yates, Les Filles du Docteur March (Little women) de Greta Gerwig ou Le Discours d’un roi de Tom Hooper.
On y retrouve ce style élégant et subtil. Une musique qui se caractérise par des mélodies fines, souvent dominées par les cordes, et par une grande intensité émotionnelle et aussi par cette légèreté humoristique. Contrairement à une musique trop spectaculaire, il privilégie la nuance et la suggestion et illustre ainsi sa maîtrise pour accompagner les images sans jamais trop les écraser.
Cet album met en lumière le parcours exceptionnel d’un compositeur français ayant su s’imposer dans le cinéma international.
Alexandre Desplat représente aujourd’hui un lien fort entre la tradition musicale française et le cinéma hollywoodien.
Exotic themes – Volume one de Michael Giacchino
Michael Giacchino figure parmi les compositeurs de musique de film les plus importants du cinéma contemporain. Né en 1967 aux États-Unis, il commence sa carrière dans le domaine du jeu vidéo, notamment avec la célèbre série Medal of honor. Ce travail lui permet de développer très tôt un sens aigu du thème musical et de l’écriture orchestrale.
Michael Giacchino se fait connaître du grand public grâce à sa collaboration avec J. J. Abrams sur des films comme Mission: impossible III, Star Trek ou encore la série Lost. Sa collaboration avec les studios Pixar marque aussi un tournant majeur dans sa carrière. Les bandes originales de Les Indestructibles, Ratatouille, Là-haut ou Vice-versa démontrent son talent pour traduire les émotions humaines en musique.
Pour cet album, Giacchino s’éloigne des grandes orchestrations hollywoodiennes pour explorer un univers plus expérimental, inspiré du genre musical exotica né aux Etat-Unis au début des années 1950, représenté entre autres par Martin Denny ou Les Baxter. L'exotica se caractérise par des influences musicales puisées dans des cultures d'Océanie, de Polynésie, d'Afrique tribale, des Andes, du bassin amazonien et d'Asie du Sud-Est, principalement par des compositeurs américains. Ce son particulier repose sur de nombreux instruments : le conga, le bongo, le vibraphone, les gongs indonésiens, des instruments en bambou, ainsi que le koto japonais.
Cet album de Michael Giacchino rend hommage à cette époque où l’imaginaire du lointain occupait une place centrale dans la culture populaire occidentale.
Les sonorités choisies évoquent immédiatement les ambiances tropicales, mystérieuses ou insulaires, à travers l’usage de percussions atypiques, de flûtes, de vibraphones et d’instruments à vent légers. Giacchino ne cherche pas à reproduire fidèlement des musiques traditionnelles, mais plutôt à recréer une atmosphère fantasmée, volontairement stylisée et se rapprochant même, sur certains titres, d'une ambiance plus jazzy.
Cette approche confère à l’album un caractère à la fois nostalgique et ludique. Les mélodies restent simples, mais mémorables, tandis que les rythmes apportent une énergie constante. On reconnaît la patte narrative du compositeur, capable de raconter une histoire uniquement par la musique.
Chaque piste fonctionne comme une petite scène imaginaire. L’auditeur est invité à voyager, à se construire ses propres images mentales, entre jungles fictives, plages ensoleillées et rituels inventés. Bon voyage musical !
Gilles, janvier 2026
