Vous êtes ici

The Polyversal Souls

polyversal.jpg

1 CD Philophon, 2015

 

Berlin, capitale de l'afrobeat ? L'idée peut faire sourire. L'Allemagne compte pourtant quelques activistes d'un groove global qui ignore les frontières géographiques autant que musicales. Le bien-nommé nouveau groupe The Polyversal Souls en est un représentant.

À la tête de ces "âmes polyverselles", on retrouve le multi-instrumentiste Max Weissenfeldt, qui sévissait en tant que batteur au sein des Whitefield Brothers, avec son frère Jan. Les deux frangins ont également fait partie de l'aventure des Poets of Rhythm, formation qui remit la soul sixties au goût du jour il y a une quinzaine d'années.

La soul est toujours présente sur Invisible joy. Mais, fruit des nombreux voyages de Weissenfeldt, elle est désormais très métissée. Parfois parée des atours colorés du highlife ghanéen (avec en invités les chanteurs Guy One, Roy X ou Yusef Bayani), elle s’offre un détour par la Jamaïque pour deux parenthèses reggae et flirte avec le hip-hop quand intervient le rappeur Bam. Quant au jazz cosmique aux accents éthiopiens, incarné par le splendide "Sad Nile", il semble avoir bénéficié de l'intervention directe de l'esprit de Sun Ra.

Tant de directions pourraient aboutir à un patchwork musical sans cohérence. Tout l'art du groupe est d'arriver à mêler les influences en conservant sa personnalité. Le secret réside sans doute dans cette joie invisible qui imprègne l'ensemble des titres, et qui rend l'album terriblement addictif.

 

Jérôme