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Sélection 2020 musiques du monde

 

 

 

 

Étape 1 : de l’Afrique jusqu'à l'Asie centrale en passant par le Moyen Orient.

Voyageons d'ouest en est avec tout d'abord l'album Soul mama du joueur malien de ngoni Mama Sissoko, enregistré en mémoire de son ami Ali Farka Touré.

Entre dub, reggae et musique bollywoodienne, le Groupe RTD sort son premier album international, The Dancing devils of Djibouti.

L'album Rejoice, collaboration de Tony Allen avec le trompettiste Hugh Masekela enregistrée en 2010, est sorti dix ans après, peu avant la disparition du discret batteur nigérian.

Dans l'album Yene mircha, Hailu Mergia et ses musiciens nous font découvrir les paysages de l'éthio-jazz.

Au Moyen Orient, on entend les chansons intimes écrites et composées par la musicienne Yaël Naïm pour son nouvel album Nightsongs.

Juste à côté, le duo palestinien Zenobia (La reine de Palmyre) a adopté une musique pop-électo aux sonorités révolutionnaires dans son premier album nommé Halak halak, comme d'ailleurs l'album On/off que le Libanais Bachar Mar Khalifé a enregistré à Beyrouth pour illustrer la situation de son pays.

Nous retrouvons en Asie Centrale une musique plus traditionnelle comme l'album folklorique Dai raft du joueur de dambora Hamid Sakhizada ou l'album Hedûr de Aynur qui mêle musique traditionnelle kurde et jazz.

Finissons par un hommage à ceux qui nous ont quitté en 2020 : l'auteur-compositeur kabyle Idir, au batteur nigérien Tony Allen, au vainqueur du grand prix des musiques du monde 2017, le Guinéen Mory Kanté, au saxophoniste camerounais Manu Dibango et au musicien angolais d'afro-pop Waldemar Bastos.

Ramia

Étape 2 : de l'Asie à l'Europe en passant par l'Amérique

L'année 2020 restera certainement dans les esprits comme l'époque de la pandémie et de l'isolement.

Oui mais.

Nous avons eu du temps pour nous. Bien sûr il y eut ceux qui se sont battu pour la santé de tous et qui n'ont pas connu ce temps long comme les autres, agissant dans l'urgence. Les confinés, eux, on pu trouver de la place pour la découverte et l'évasion, ou l'introspection. La musique du monde fait partie de ces choses qui sont belles, qui nous aident autant à explorer l'étendue de la création qu'à se retrouver soi.

Silvia Pérez Cruz chante, elle nous entraîne. Sa voix douce fait partie des plus belles découvertes espagnoles récentes. Je lisais dernièrement dans la presse qu'elle possède une connexion surnaturelle avec le flamenco, c'est absolument vrai. Elle s'en empare, le manipule, le fait vibrer. L'écoute de son dernier album Farsa est un un ravissement, il nous extrait un peu de notre condition et nous aide à trouver un regard différent, plus positif.

"Se disant descendante du dernier empereur des Incas, Yva Sumac était un phénomène vocal dont les disques se sont vendus à des millions d'exemplaires à travers le monde dès le début des années 1950. Sa dernière apparition en France avait attiré un public venu de toute l'Europe." Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le journal Le Monde du 10 novembre 2008. Si je rajoute que cette diva péruvienne possédait cinq octaves et que l'écouter nous offre une succession de surprises vocales impressionnantes, je crois qu'il n'est plus question d'hésiter pour emprunter l'anthologie qui lui est consacrée, Queen of exotica : the complete studio recordings 1943-1959.

Cet album ci a-t-il plutôt sa place en electro ou en musique du monde ? Peut-être même en rock ? Dans notre équipe "numérique et son", c'est le genre de question qui peut retenir notre attention assez longtemps, voire susciter des débats passionnés (et passionnants). Après hésitation, j'ai catalogué Cumbia siglo XXI le dernier Album des Meridian Brothers en lui accordant la cote 046.7 MER, c'est à dire que vous le trouverez à l'arrière de l'Espace Musique, classé en musique du monde, plus précisément de Colombie. Tête de proue de la musique expérimentale latine, le groupe arrange la cumbia de manière ultra moderne, mêlant électronique, rock progressif, psychédélisme ou musique de cartoon.

A quelques milliers de kilomètres de l'Amérique du Sud, en France, un internaute (Didier A.) poste un avis sur le site de la Fnac, au sujet d'un disque de musique grecque : "Je suis tout simplement ravi de cet achat car, à chaque fois que nous l'écoutons nous sommes transportés en Grèce, et ça c'est le pied (il faut aimer). Super !!! Je recommande celui-ci à tous." Quelques fois les mots les plus simples décrivent le mieux les impressions les plus vraies, car ces termes correspondent parfaitement à l'album de Michalis Terzis, Bouzouki, et il faut l'entendre pour le croire.

Autre pays, autre ambiance, autres températures : la Suède. Pour FörbundetGarmana utilise de vrais textes, écrits en suédois, qui est une langue très sonore avec énormément de jeux sur les consonnes et les voyelles. Une vraie langue de poésie et d’histoire que dame Härdelin parvient à retranscrire avec un talent vocal qui frôle la perfection. Cet album de musique rock folklorique est aussi un excellent moyen de découvrir un univers sous estimé, celui de la musique métal.

Du milieu des années 60's jusqu'à la fin de la guerre, les rues et les clubs de Saigon vibrent au rythme de la bouillonnante scène locale qui intègre à la musique traditionnelle vietnamienne les sons psyché rock, jazz soul-funk américains. Aujourd'hui, avec Hoa âm xua le groupe Saigon Soul Revival réinterprète certains de ces classique et investit l'histoire en ajoutant ses compositions. 

La musique est une union sans frontières et à l'heure ou nous construisons des murs partout, ouvrons nous plus que jamais aux pulsations que nous offre la musique du monde. Voici  encore quelques propositions qui valent le détour : Sketches de Natalie Mac Master, Agora de Bebel Gilberto, Los Angeles de Rosalia, Traditions rituelles des Bonpos.

Jérémy