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Michel Piccoli

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Acteur multiple et séducteur

Michel Piccoli est surtout connu comme acteur de théâtre et de cinéma. Il l'est moins en tant que réalisateur et comédien résolument engagé pour défendre des causes qui lui semblaient justes (mouvement pour la paix, défense des sans-papiers, parité homme-femme, très actif au sein de SOS Racisme et d'Amnesty International…).

Fils d'un violoniste et d'une pianiste, il est envoyé en pension dès l'enfance. Adolescent introverti, il décide pourtant de devenir acteur, au sein de la compagnie Renaud-Barrault ou du très novateur Théâtre de Babylone (géré par une coopérative ouvrière qui met en scène les pièces d'avant-garde de Ionesco ou Beckett).

Remarqué dans Le Doulos de Jean-Pierre Melville et les films de Pierre Chenal, Michel Piccoli accède à la célébrité grâce au Mépris de Godard (1963) avec Brigitte Bardot et devient populaire grâce à la télévision en Dom Juan par Marcel Bluwal (1965). Le quadragénaire enchaîne les rôles de séducteurs, avec Catherine Deneuve dans La Chamade, ou encore Belle de jour de Luis Buñuel. Avec ce dernier, il entretiendra une longue collaboration avec La Mort en ce jardin (1956), Le Journal d'une femme de chambre (1964), Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) ou Le Fantôme de la liberté (1974).

Alter ego de Claude Sautet dans Les Choses de la vie (1970) ou Vincent, François, Paul et les autres (1974), il incarne un homosexuel dans La Grande Bouffe (1973), le film à scandale signé Marco Ferreri. Escroc (Sept morts sur ordonnance, Le Trio infernal), l'acteur excelle dans l’ambiguïté pour Le Saut dans le vide et Une étrange affaire (rôles qui lui valent des prix d'interprétation à Cannes en 1980 et à Berlin en 1982).

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Derrière la caméra

Citoyen engagé, producteur courageux (Le Général de l'armée morte), après avoir tourné avec les plus grands, d'Hitchcock à Louis Malle en passant par Manoel de Oliveira et Alain Cavalier, il travaille aussi avec de jeunes auteurs tels que Jacques Doillon (La Fille prodigue) et Leos Carax (Mauvais sang). Il côtoie Renoir, Resnais, Chabrol, Demy, Varda, Lelouch et Tavernier. À plus de 60 ans, il trouve encore des rôles marquants : le malicieux Milou en mai (1990), le peintre intransigeant de La Belle Noiseuse (1991), l'étrange psy de Généalogies d'un crime ou encore l'acteur en crise de Je rentre à la maison (2001).

Piccoli l'aventurier se lance un nouveau défi en passant à la réalisation : le loufoque Alors voilà (1997), puis La Plage noire (2001), réflexion sur l'exil et la liberté, et enfin C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé (2005), qui confirme sa singularité.

Il reçoit les éloges des critiques du monde entier en 2011 pour son interprétation d’un pape dépressif dans Habemus Papam de Nanni Moretti.

Il décède le 12 mai 2020 à l'âge de 94 ans, après avoir tourné dans plus de 200 films !

 

À voir absolument en ce moment

Yves Jeuland a réalisé en 2015 un film documentaire, L'Extravagant monsieur Piccoli, qui parcourt les quelque 200 films du comédien en 70 ans de métier, depuis ses débuts au théâtre jusqu'à ses collaborations les plus prestigieuses avec Costa-Gavras, Demy, Hitchcock, en passant par les rencontres avec ses cinéastes fétiches Claude Sautet, Luis Buñuel et Marco Ferreri.

Disponible sur www.arte.tv/fr jusqu'au 22 juillet 2020.

 

 

 

 

 

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