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Einar Mar Gudmunsson

Coup de coeur

 

 

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Einar Mar Gudmunsson. Un été norvégien

Zulma, 2020

 

Sur les routes

« Roman initiatique, Un été norvégien brosse le portrait d’une Beat Generation nordique en pleine désillusion. Reste la littérature et l’amour ! » clame la présentation éditeur.

Le ton et les aventures d’Un été norvégien sont certainement moins extraordinaires que ceux de Sur la route de Kerouac, mais  il y a une indéniable curiosité pour le monde et pour les autres, dans les destins croisés d’Haraldur et Jonni, jeunes Islandais qui prennent la route d’Oslo puis des montagnes norvégiennes en cet été 1978.

Des rencontres et des expériences

On s’attache principalement aux pas d’Haraldur, voulant devenir écrivain et partant avec Jonni, « tête brûlée » charismatique, déjà rôdé aux voyages et à l’aventure. Une séquence est particulièrement savoureuse : l’expérience d’un travail saisonnier en pleine montagne pour effectuer l’installation de voies de chemin de fer, loin, très loin de la civilisation, dans une micro-société, rude et clivée, de travailleurs, vivant dans des bungalows. Les tensions régnantes et les portraits avec ellipses des personnages présents dans cet endroit isolé sont très réussis.
De retour à Oslo, parmi d’autres étudiants et aspirants artistes islandais, Haraldur perdra la trace de Jonni mais il rencontrera Inga dont il tombe amoureux et avec qui il poursuivra cet été-là son voyage initiatique, en Grèce, à Rome et à Paris. Malheureusement, au bout du voyage, passée la chaleur de l’été scandinave, la désillusion guette et des choix devront être faits.

Un art de raconter proprement islandais ? 

J’ai beaucoup aimé la voix du personnage principal et la construction de ce roman, le fait que cette histoire soit racontée du point de vue du narrateur adulte, avec le regard placide qu’il porte sur le jeune homme qu’il était alors. J’ai aussi beaucoup apprécié la « bonne nature » d’Haraldur, son sens de l’amitié et de l’aventure curieusement associé à la maladresse de son humour un peu « à côté de la plaque. »  J’ai également aimé la familiarisation progressive avec une petite communauté assez soudée d’Islandais du même âge ou du même quartier qui poursuivent chacun leur route dans la vie, malgré les non-dits qui parsèment aussi leurs existences.

 Auteur d’une dizaine de romans et titulaire du « Petit Nobel »,  Einar Mar Gudmundsson gagne à être connu. Vivement plus de traductions françaises de ses œuvres !

Sandrine, juin 2021

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