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Café culturel du 14 octobre 2017

 

 

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Tessa Hadley. Le Passé

L’amère fratrie

A Kington, sur la côte sud de l’Angleterre, trois sœurs et un frère séjournent dans la maison familiale pour décider s’ils vont la vendre. Dans ce roman tchékhovien en trois parties, Tessa Hadley, dissèque l’éclatement d’une famille, et analyse la chute d’une certaine bourgeoisie anglicane dont le mode de vie n’a plus sa place dans la société actuelle.

La fratrie Crane se compose ainsi : Harriet, la révolutionnaire, Roland, l’intellectuel, Alice, l’artiste, et Fran, la pragmatique. Roland est accompagné par Molly, sa fille de 16 ans, et Pilar, sa 3e femme, une élégante avocate argentine. Alice a amené Kasim, son beau-fils de 20 ans ; et Fran est venue avec ses deux enfants, Ivy, 9 ans, et Arthur, 6 ans. Quand la pluie s’installe sur la campagne anglaise, confinant les membres de la famille dans la maison inconfortable, les relations s’exacerbent entre les êtres, et des idylles parfois improbables se nouent.

Le moment où tout bascule

Pendant que Kasim flirte avec Molly, Ivy et Arthur, laissés sans surveillance, entrent dans un cottage abandonné, où ils font une découverte qui va les perturber fortement. Dès lors, Ivy devient capricieuse et manipulatrice, poussant son frère à faire des choses interdites et farfelues…

Tessa Hadley est née à Bristol en 1956 dans une famille d’artistes. Elle est diplômée de Cambridge, et a rédigé sa thèse sur Henry James. Ses textes paraissent régulièrement dans le New Yorker et d'autres magazines. Son style est proche de ceux de Jane Austen et d’Henry James, dont elle enseigne l’étude à l’Université de Bath. Le Passé est son 6e roman.

Agnès

 

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Anne et Claire Berest. Gabriële

Sage-femme des artistes

Gabriële Buffet-Picabia a été l’accoucheuse d’âmes des artistes cubistes au début du 20ème siècle. De Paris à New-York et dans une ambiance effrénée, nous croisons Francis Picabia, Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire dans l’intimité de leur art mais aussi de leurs amours.

Femme indépendante

Passionnée de composition musicale, Gabriële est un génie féminin et moderne. Audacieuse dans la création mais discrète en personnalité, elle a dû se faire une place dans un milieu artistique où les femmes n’en avaient pas. Grâce à son talent, elle devient l’élève de Gabriel Fauré puis de Vincent d’Indy et part étudier à Berlin, La Mecque musicale de l’époque, dans un univers masculin. Elle va déjà contre les convenances, car à son âge il est attendu d’elle qu’elle soit mariée et mère. Au moment où elle est à Berlin, une rencontre indirecte a lieu avec Francis Picabia lors d’une grande exposition impressionniste. (1906)

De la rencontre à la vie commune

Gabriële rencontre en chair et en os Francis Picabia grâce à son frère qui s’essaie à la peinture. Avant même d’échanger avec lui lors d’un dîner chez ses parents à Versailles, elle se sent agacée par sa personnalité bourgeoise. Et pourtant, l’ensorcellement a lieu car ils s’impressionnent mutuellement : lui est intriguée par une femme qui vit seule à Berlin et vit de son art tandis qu'elle, s’intéresse à sa conception de l’art. Conception qui lui semble nouvelle et qu’elle tente d’expérimenter dans la composition musicale. Très vite, ils sont sur la même longueur d'ondes.
On suit le parcours du couple voyageur en France (Cassis, Etival, Finistère…) et le monde (Espagne, New-York).  Lorsqu’un premier enfant voit le jour, le couple n’est pas prêt à stopper son rythme et à construire un foyer fixe. La fête continue si l’on veut, malgré les crises de Francis causées par l’opium.

Bouillon d'artistes

Un autre personnage dans l’aventure Picabia : Marcel Duchamp devient le complice de Gabriële et Francis. Ils forment un triangle amoureux et ils sont ensemble à toutes les soirées du milieu artistique parisien volant d’expositions en dîners mondains. C’est au moment de cette rencontre que le cubisme intrigue. 
Une rencontre avec Guillaume Apollinaire apparaît attachante et l’on plonge aussi dans un New-York illuminé pendant que le continent européen vit la guerre 14-18.

 Les soeurs Berest ont réussi à écrire avec fluidité une biographie où les faits historiques ne s'enchaînent pas. Le récit se termine en 1919, Gabriële à 38 ans...une suite est presque attendue tant sa vie était trépidante. 

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Elsa Triolet et Lili Brik, les sœurs insoumises de Jean-Noël Liaut: Lili Brik et Elsa Triolet sont nées à Moscou à la fin du XIXe siècle. Fameuses pour leur beauté comme pour leur intelligence, elles formèrent un quatuor célèbre avec deux des plus grands poètes du XXe siècle, Vladimir Maïakovski et Louis Aragon.
L’homme d’art, biographie du marchand d’art Daniel-Henry Kahnweiler par Pierre Assouline.
Les culottées de Pénélope Bagieu : portraits de femmes indépendantes.

Émilie

 

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Lola Lafon. Mercy, Mary, Patty

Trois femmes puissantes

Dans une fiction complexe, Lola Lafon dresse le portrait de trois femmes qui ont, suite à un kidnapping, épousé la cause de leurs ravisseurs, et tourné le dos à leur famille et à leur milieu social.

Après la gymnaste Nadia Comaneci dans La Petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon s’intéresse dans son dernier roman à trois cas de femmes victimes de kidnapping à différentes époques : Mercy Short en 1690 et Mary Jamison en 1753, toutes deux enlevées par des indiens, et Patricia Hearst en 1974, kidnappée par des activistes d’extrême-gauche. Mais, si le titre évoque les trois, c’est surtout sur Patty Hearst que le récit se concentre.

Che Guevara en dentelles

Patricia Hearst, la richissime petite-fille du célèbre magnat de la presse, a 19 ans lorsqu’un groupuscule révolutionnaire l’enlève. Au lieu de réclamer une rançon, les ravisseurs exigent que leurs messages politiques soient publiés à la une des journaux que possède William Randolph Hearst, et que celui-ci distribue de la nourriture aux pauvres. Mais ce qui choquera le plus l’opinion publique, c’est que la riche héritière finira, elle aussi, par prendre les armes et renier sa famille.

Un roman à trois voix

Comme le suggère son titre, le dernier roman de Lola Lafon est un texte à trois voix, celles de trois femmes reliées par l’affaire Patricia Hearst :

- celle de la narratrice, qui s’adresse tout au long du livre à l’universitaire Gene Neveva dont elle a suivi les cours 
- celle de Gene Neveva, professeur de lettres américaine chargée de rédiger un rapport d’expertise psychologique pour les avocats de Patricia Hearst, et qui témoignera à son procès 
- celle de Violette, timide étudiante que Gene engage pour l’aider à y voir plus clair dans ce dossier complexe

A la fois roman, pamphlet, dialogue imaginaire, enquête journalistique, ce récit est difficile à qualifier. Lola Lafon relève le défi de le rédiger à la 2ème personne du pluriel, ce qui est en général fortement déconseillé dans les ateliers d’écriture ! Pourtant, ce vouvoiement ajoute une dimension plus intime au roman. Si la voix de l’écrivaine française n’est pas sans rappeler celle de Laura Kasischke, qui s’intéresse, elle aussi, à l’âme des jeunes filles, c’est de Paul Nizan que Lola Lafon se réclame. Elle dit que la fiction lui permet d’explorer : « Le territoire du doute, de l’hésitation », et elle ajoute : « Ce qui m’intéresse, ce sont les questions que l’on se pose : comment combat-on ce monde immoral ? Comment se bâtit-on un regard critique ? ». Avec Lola Lafon, posons-nous les bonnes questions !

Agnès

 

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Karl Ove Knausgaard. Aux Confins du monde (Mon Combat, vol.4)

Aux fins fonds de la Norvège

Dans ce nouveau volume de son autobiographie Karl Ove Knausgaard, 18 ans, part enseigner dans un village de pêcheurs du nord de la Norvège. L’administration de cette région éloignée et touchée par la nuit polaire plusieurs mois par an est en effet obligée de faire appel à de jeunes diplômés qui assurent des cours pour des classes à plusieurs niveaux. Sur place, le jeune homme est accueilli par les jeunes du cru et se lie avec quelques jeunes professeurs. Il doit cependant gérer au mieux et à tâtons les relations avec les élèves difficiles ou en difficultés, sans compter les élèves de presque son âge qui l’émeuvent, les parents et villageois et sa hiérarchie, bref il doit s’insérer dans une communauté et à cela s’ajoute les effets de la nuit polaire sur son psychisme.

Vocation

Karl Ove Knausgaard veut mettre à profit cette parenthèse dans le Nord pour écrire et ainsi affermir sa vocation d’écrivain. Il espère ensuite voyager avec l’argent durant cette année. Acquéreur d’une machine à écrire et discipliné pour tout ce qui concerne l’écriture, il réalisera la première partie de son programme. Intéressé au départ par le milieu de la musique, l’auteur revient aussi sur ses débuts dans le journalisme musical alors qu’il était au lycée et sur l’expérience d’un travail saisonnier estival associé à des nuits arrosées avec son frère dont l’ombre tutélaire l’enveloppe.

Adolescence

Plutôt sociable et assez sportif, déterminé et attentif à son image mais aussi secrètement tourmenté, mi adolescent- mi jeune adulte, le Karl Ove Knausgaard de 18 ans vit une vie intérieure et extérieure agitée. Amitiés, émois, amour, rivalités, alcool, sociabilité, discipline, choix de vie qui s’affermissent, relations familiales (ses parents ont récemment divorcé) et extérieures, Karl Ove Knausgaard revient avec justesse et humour sur cette année de lentes transformations dans sa vie.

Écriture

L’écriture précise de Karl Ove Knausgaard, au plus près du jeune homme qu’il était et empreinte d’autodérision continue à nous faire aimer ce jeune homme, et derrière lui, l’auteur, dont le goût sans concession pour la vérité du ressenti nous renvoie à notre propre cheminement humain. Longue vie à Karl Ove Knausgaard et vivement la suite !

Sandrine

 

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Sébastien Spitzer. Ces rêves qu’on piétine 

Le Troisième Reich miroir aux alouettes

Une autobiographie romancée du journaliste et romancier Sébastien Spitzer
L’auteur avec retenue, ni pathos larmoyant invite le lecteur à la dernière soirée de gala de Magda.
Ce pan de l’histoire de la deuxième guerre mondiale trouve un éclairage particulier et singulier à travers l’enfance, la jeunesse du personnage principal, où l’on voit que les rêves peuvent se transformer en cauchemars. Le destin tragique d’une femme et d’une mère qui s’est perdue dans les apparences d’une vie rêvée. Magda Goebbels enfermée dans ses illusions , dans ce bunker où tout va finir.

Espoir

Parallèlement, l’auteur nous montre avec délicatesse et en donnant une lueur d’espoir une petite fille sortant des camps avec pour tout bagage des rouleaux de lettres qui ont été écrites par un détenu qui demande et demandera de l’aide à sa fille Magda.
Un premier roman qui éclaire cette sombre époque.

Véronique. D

 

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Callan Wink. Courir au clair de lune avec un chien volé

Il était une fois dans l’Ouest… 

Chaque année Vincennes accueille un écrivain américain dans le cadre d’une résidence liée au Festival America. Cette année il s’agit de Callan Wink, dont le premier ouvrage, un recueil de nouvelles, vient de paraître aux éditions Albin Michel. 

L’été, Callan Wink est guide de pêche dans le Montana. Il a souvent accompagné Jim Harrison, décédé l’an dernier, dans des journées de pêche mémorables. L’hiver, il écrit. Pour l’instant des nouvelles, qui nous emportent dans ses paysages de prédilection : ceux de l’ouest américain. Dans Courir sous la lune avec un chien volé, dont le premier récit donne son titre au recueil, il nous propose de vivre quelques instants, quelques années, voire plus, de la vie de ses personnages, la plupart du temps des paumés ou des exclus, qui survivent comme ils peuvent. 
Ses récits nous présentent la complexité des rapports hommes / femmes, indiens / blancs mais aussi la difficulté de vivre au jour le jour. Les rapports entre les êtres sont souvent troubles, haineux ou dérangeants ; les familles recomposées, les tromperies sont monnaie courante et la cruauté n’est jamais bien loin. La difficulté de communiquer et de vivre ensemble sont au centre des textes.  

Vies minuscules 

Callan Wink nous propose un panorama de personnages typiques, dans des situations particulières. Il est question de violence, de meurtre, de prison, mais aussi de pêche, de relations familiales compliquées, de reconstitution de bataille et même d'exotisme avec une incursion au Texas ! La nouvelle qui clôt le recueil, la plus longue, raconte la vie d'une femme, de ses vingt ans jusqu'à la vieillesse à travers ses amours, ses différents emplois, son quotidien avec son mari, sa mère, son beau-fils et une femme avec qui elle a vécu un temps. On la suit dans ses luttes pour survivre, le travail sur ses terres avec ses bêtes, ses chiens, sa passion pour la montagne et l'apaisement qu'elle trouve enfin en se réconciliant avec la vie. 
La plupart des textes sont dérangeants, comme l’histoire de ce garçon que son père paie pour tuer les chatons qui infestent sa grange. Ou encore cet homme, qui incarne le général Custer tous les ans dans la reconstitution de la bataille de Little Big Horn, et qui en profite pour tromper sa femme avec une indienne, ce qui lui attire les réactions vengeresses de la communauté. 
Même si les personnages de Callan Wink font des erreurs et ont parfois des comportements détestables, ils ne nous sont pas pour autant antipathiques, parce qu'au-delà de ça, ce sont des êtres humains qui nous touchent.

Denise

 

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Paolo Cognetti. Le Garçon sauvage

Dans ce récit nourri de réflexions, l’auteur évoque les huits mois qu’il a passé à 30 ans en quasi exil volontaire et autarcie, dans les montagnes italiennes, du dégel à l’automne.

Tout a commencé alors qu’il était encore à Milan en proie à une apathie inhabituelle.  Il a alors pris la décision de quitter sa vie asphyxiante en ville où il avait pourtant trouvé ses marques depuis plusieurs années et de renouer avec la montagne où il passait ses étés enfant. Il y retrouve une liberté de mouvement et une paix de l’esprit qui n’était pourtant pas gagnée d’avance. Il doit en effet affronter la solitude et vivre sans beaucoup de moyens. Mais il se passionne pour le côté pragmatique de sa vie montagnarde, la remise en état du chalet qu’il a trouvé, le rythme d’un quotidien libre et l’exploration des environs. Il se lie également d’amitié avec un berger des alpages et avec son propriétaire qui est, comme lui, féru de lectures et d’écriture. Les pages de ce carnet et la progression de l’auteur vers un équilibre sont d’ailleurs nourries de citations de certains de ses inspirateurs : Thoreau, Elisée Reclus, poésie…
Au final, ce petit livre devient presque émouvant de simplicité, d’honnêteté et d’ouverture et il s’avère lui aussi une piste de réflexion optimiste pour qui veut faire un pas de côté par rapport à son mode de vie actuel. Aux dernières nouvelles, cela fait maintenant 10 ans que l’auteur vit en montagne.

 

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Paolo Cognetti. Les huits montagnes

Ce roman de l’italien Paolo Cognetti développe une fiction autour du thème du retour à la montagne, auparavant exploré de manière autobiographique par l’auteur dans son carnet de montagne Le Garçon sauvage.

Amitié montagnarde

Dans ce roman, on va suivre l’évolution de deux garçons et de leur amitié dans notre monde contemporain. Piero est né en ville mais il passe tous ses étés à la montagne en compagnie de ses parents, exilés en ville mais qui ont gardé une profonde nostalgie de la montagne de leur enfance. Bruno, lui, est un petit montagnard avec lequel Piero se lie alors qu’ils sont encore enfants. A l’adolescence, les parcours des jeunes gens divergent, Piero devient documentariste et parcourt les villes et le Népal sans se fixer sentimentalement, tandis que Bruno devient maçon très jeune puis s’enracine dans la montagne en se lançant dans l’élevage et la production de fromage. Le lien entre les deux amis va se reformer progressivement à travers la volonté posthume du père de Piero, autre personnage important du livre. C’est donc une histoire de filiation, d’amitié, un roman d’apprentissage, une description vivante de la vie en montagne et de certains aspects du monde contemporain que nous offre cet auteur salué par le prix Strega 2017.
 

 

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David Lopez. Fief

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents ont eux-mêmes grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d’orthographe. Ce qui est en jeu, c’est la montée progressive d’une poésie de l’existence dans un monde sans horizon.

 

 

BONUS HORS RENTRÉE LITTÉRAIRE

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Ito Ogawa. Le Jardin arc-en-ciel  

L’amour malgré tous

L’homosexualité est encore tabou.

Une jeune femme célibataire rencontre une lycéenne s’apprêtant à se suicider. Désormais elles ne se quitteront plus. L’amour les unit. Malgré les interdits, les préjugés, elles décident de vivre ensemble et partent s’installer dans un village de montagne. Chacune a un enfant, elles forment une vraie famille. Pour partager ce bonheur, elles décident de créer un havre de paix, une maison d’accueil où les homosexuels, les étudiants, les gens seuls pourront trouver de la bienveillance et de la compréhension. Le parcours est difficile face à l’intolérance mais la richesse de ces rencontres leur apporte une paix intérieure et un apaisement certain.L’amour est plus fort que les préjugés et règne en maître dans cette maison d’accueil « Arc en ciel ». Aimer sans être jugé et en toute liberté.

On se laisse emporter par cette histoire d’amour interdit. Les personnages sont généreux et ouverts au monde. Ils sont touchants, attachants. On irait bien louer une chambre là-bas !

Chantal