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Amy Liptrot

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Amy Liptrot. L’Ecart 
Éditions Globe, 2018

 

Ce premier roman d’une jeune écossaise est un peu passé inaperçu dans le flot de la dernière rentrée littéraire et pourtant il mérite d’être remarqué. Par son sujet, le combat de l’auteur contre son addiction, mais surtout par la façon dont elle décrit la nature sauvage qui l’a aidée à s’en sortir. Comme une bouffée d’air frais dans un monde hostile.

 

Un témoignage sur l'alcoolisme et comment l'auteur l'a vaincu

Amy Liptrot est née dans les îles Orcades, petites îles au nord de l’Écosse où son père élève des moutons. Il souffre régulièrement de crises maniaco-dépressives. Très tôt elle prend l'habitude de boire pour se sentir plus à l'aise en soirée, vaincre sa timidité et se retrouve rapidement dépendante. Lorsqu'elle est sous l'emprise de l'alcool elle se sent invincible, ose tout et le regrette ensuite.

Elle décide de s'installer à Londres, où elle boit de plus en plus. Elle se fait très rapidement des amis, qu'elle ne garde que peu de temps à cause de son comportement. Elle perd régulièrement ses boulots, son petit ami la quitte et elle se retrouve à la rue car ses colocataires ne la supportent plus. Elle se voit retirer son permis de conduire pour conduite en état d'ivresse, se fait agresser par un inconnu qu'elle a suivi un soir de cuite et décide alors de se soigner.

Un formidable hymne à la beauté de la nature  

Avec beaucoup d'hésitation elle s'inscrit aux Alcooliques Anonymes, dont elle craint le côté un peu trop religieux et sectaire. Mais peu à peu elle arrête de boire et compte en heures, puis en jours et en semaines les moments d'abstinence. Afin de se reconstruire elle retourne chez elle aux Orcades. Elle commence par faire de petits travaux de maçonnerie sur les murets des enclos à moutons, puis se fait embaucher par la Royal Society for the Protection of Birds. Pendant tout un été elle arpente de nuit les Orcades pour recenser les râles des genêts, appelé aussi roi caille. Elle découvre la beauté des paysages, la faune et la flore et décide de passer l'hiver suivant sur Papay, l’une des plus petites îles de l'archipel.

Un ouvrage qui respire l'espoir

Elle s'intègre rapidement dans la population des 70 habitants de l'île. Reliée par Internet à ses amis, elle s'intéresse à l'astronomie, aux phénomènes marins, se baigne dans les eaux glacées et s'interroge sur son addiction. Même si, de temps en temps, elle aimerait pouvoir se désaltérer d'une bonne bière ou fêter la nouvelle année avec une flûte de champagne, elle sait qu'elle ne doit plus boire sans risquer de revenir à sa vie d'alcoolique. Son retour aux Orcades lui a fait découvrir la beauté de la nature, le besoin de s'en imprégner et les changements qui arrivent dans les îles... C'est aussi un beau plaidoyer pour la sauvegarde de la nature.

Empruntez-le !

Denise